Exposition : ce qui demeure
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Exposition : ce qui demeure

Eglise Saint-Pierre, Cour-Maugis sur Huisne

Une proposition artistique centrée sur la mémoire des lieux, la disparition du regard contemporain et la persistance des traces du vivant.

Date

samedi, 19 septembre 2026 à 14:30
Fuseau : Europe/Paris

Lieu

Eglise Saint-Pierre

Courcerault, 61340 Cour-Mauguis-sur-Huisne · Cour-Maugis sur Huisne

Itinéraire

À propos

Une proposition artistique centrée sur la mémoire des lieux, la disparition du regard contemporain et la persistance des traces du vivant. Intention Les photographies d’archives des églises rurales du Perche montrent souvent des intérieurs vides, silencieux et figés. Elles participent à une représentation du patrimoine où les lieux apparaissent détachés du présent. Le projet interroge cette construction visuelle et propose une autre lecture : celle d’une mémoire active, traversée par les traces humaines, visibles ou invisibles. L’objectif est de redonner une place aux récits discrets et aux présences effacées, en travaillant l’image comme surface sensible plutôt que comme document. Corpus d’images L’exposition repose sur une sélection restreinte de photographies d’archives issues de huit églises du Perche. Ces images présentent principalement des fragments d’intérieurs, choisis pour leur dimension intime, silencieuse et parfois énigmatique. Intervention dans l’image : la nacre Chaque photographie imprimée sur du calque est retravaillée par une intervention matérielle directe : des fragments de nacre sont délicatement intégrés à la surface des images. Ces incrustations ne cherchent pas à illustrer ni à décorer l’image, mais à introduire une présence supplémentaire, fragile et changeante. La nacre agit ici comme une matière de mémoire : • elle capte la lumière • elle varie selon le point de vue • elle introduit une vibration vivante dans l’image figée Elle suggère la présence des vies qui ont traversé ces lieux, sans les représenter directement. Ainsi, l’image n’est plus seulement archive : elle devient surface de réactivation sensible. Dispositif de présentation Les images ainsi modifiées sont intégrées dans des volumes imprimés en PETG transparent. Ces objets sont : • légers • translucides • ouverts à la lumière Ils ne fonctionnent pas comme des cadres, mais comme des enveloppes de l’image. Ces volumes sont suspendus dans la nef à l’aide de câbles blancs, fixés en partie basse aux bancs de l’église et en partie haute aux volumes. Ils semblent flotter dans l’espace, créant une tension entre stabilité et disparition. Expérience du visiteur Le visiteur traverse un espace suspendu entre présence et absence. Les images apparaissent par fragments, filtrées par la transparence du matériau, la lumière naturelle et les incrustations de nacre. Le regard devient actif : il doit recomposer, ralentir, interpréter ce qui se donne partiellement. Relation au lieu Le choix de l’église Saint-Pierre de Courcerault est essentiel. Le lieu n’est pas un simple support : il devient un élément actif de l’installation. Les bancs, la nef et la lumière participent à cette mise en relation entre un patrimoine visible et des mémoires invisibles. Conclusion Ce projet propose une approche sensible du patrimoine religieux rural à travers la notion de regard, de trace et de disparition. Il invite à considérer que la fragilité d’un édifice ne tient pas seulement à sa matière, mais aussi à la continuité du lien que nous entretenons avec lui. L’ajout de la nacre dans les images introduit cette dimension : celle de vies passées qui ne sont plus visibles, mais encore présentes sous forme de traces lumineuses. Bio Eglantine Lechère est architecte du patrimoine et artiste plasticienne. Formée à l'École Spéciale d'Architecture puis à l'École de Chaillot, son regard a été forgé par des expériences décisives en Asie, où l'effacement des quartiers anciens a éveillé chez elle une conscience aiguë de la vulnérabilité de la mémoire. Fascinée par les traces de vies découvertes sur les chantiers de restauration (photos cachées, graffitis), elle développe une pratique artistique visant à exalter ces « récits singuliers ». Suite à un deuil personnel en 2023, elle imagine des mémoriaux de l'intime pour pallier l'absence de lieux dédiés au souvenir individuel dans l'espace public. Alliant technologies contemporaines (impression 3D) et matériaux naturels, elle crée des sculptures intégrants de la nacre, où chaque fragment symbolise une existence. Ses œuvres, aux formes organiques et aux reflets iridescents, sont des hymnes à la résilience, affirmant par la lumière et la couleur que « rien ni personne ne disparaît jamais vraiment ».

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