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Spectacles
Andromaque
La Comédie de Genève, Genève
Et si, pour redécouvrir la radicalité et la modernité de l’une des plus célèbres pièces du répertoire théâtral, il ne fallait pas l’adapter, la transposer, l’insérer dans une esthétique contemporaine, mais, au contraire, l’exposer à nu, avec le moins d’effets possibles ? L’histoi
Date
vendredi, 11 décembre 2026 à 14:00
Fuseau : Europe/Zurich
À propos
Et si, pour redécouvrir la radicalité et la modernité de l’une des plus célèbres pièces du répertoire théâtral, il ne fallait pas l’adapter, la transposer, l’insérer dans une esthétique contemporaine, mais, au contraire, l’exposer à nu, avec le moins d’effets possibles ? L’histoire d’Andromaque est (trop) bien connue, souvent résumée en une seule phrase, toujours la même : Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector – qui est mort. Des décennies d’enseignement scolaire, de tradition érigeant Racine et, en particulier, Andromaque, l’une de ses premières tragédies, en totems d’une beauté classique aussi froide et éternelle que le marbre, ont contribué à effacer la scandaleuse force de subversion de ce nœud de désirs enchâssés, fuyant tout droit vers la mort, la folie et la destruction mutuelle. Pour faire entendre cette puissance contestataire, brûlante, le collectif belge La Brute fait le pari du dépouillement. Dans une mise en scène qui confine à l’épure, sans effets spectaculaires, composant avec des costumes qui renvoient à une esthétique et à un temps incertains, il livre l’intégralité du texte de Racine. Dans ce dépouillement apparaissent la violence et la beauté d’un texte sans concession, redécouvert comme pour la première fois, qui nous questionne sur notre rapport aux sujets qu’aborde sans détour la tragédie de Racine, mais que nos sociétés contemporaines contribuent à édulcorer ou à oblitérer : la mort, la passion, les violents conflits entre l’individu et le groupe.